
- © Stéphane Dabrowski / La Cinémathèque française
Il ne reste plus que quelques jours (jusqu’au 5 août 2012) pour profiter encore de l’étonnante exposition consacrée aux œuvres de Tim Burton à la Cinémathèque de Paris. Pas la peine de rentrer dans un blabla exposant la vie, l’œuvre du maître d’une certaine forme de cinéma, il y a des spécialistes et des sites plus appropriés pour cela. Nul besoin d’être la groupie number one du réalisateur américain pour véritablement apprécier la rétrospective qui lui est consacrée. On peut s’y rendre en famille ou en compagnie de personnes n’ayant vu que très peu de réalisations de l’auteur. Détail pratique mais ô combien salvateur quand on est dans la capitale seulement pour la journée et que chaque minute compte : ne pas hésiter à acheter à l’avance un billet coupe file. L’exposition est un réel succès et compte pour l’instant plus de 300 000 visiteurs. "Aucune de nos expositions, depuis l’installation à Bercy en 2005, n’avait accueilli autant de monde", explique le directeur de la Cinémathèque, Serge Toubiana. Autant dire que dans la file d’attente "normale" il faut s’armer de patience avant d’accéder à la sacro sainte expo. Chose singulière quand on observe la masse de visiteurs c’est la jeunesse d’un public que l’on a rarement l’habitude de croiser dans les musées ou salles d’exposition. Alors bien sûr se mêlent aux curieux des fanatiques du grand Tim et certains viennent même grimés pour la visite. Nous avons eu droit au clone du chapelier fou à nos côtés. D’ailleurs la cinémathèque joue intelligemment sur cet aspect particulier de ses visiteurs organisant quelques soirées spéciales comme ce fut le cas hier avec des réductions proposées aux personnes déguisées en personnages de Tim Burton. [Photos de la soirée déguisée Tim Burton 21/07/2012]

- © Stéphane Dabrowski / La Cinémathèque française
L’exposition est à la fois courte mais immensément riche. On y trouve des documents vidéos (forcément) mais pas seulement des extraits de films connus. Il y a aussi des inédits montrant les toutes premières réalisations d’un Burton en devenir. Beaucoup de sculptures parsèment l’espace. C’est d’ailleurs ce qui étonne certains qui n’imaginaient pas que le réalisateur fut aussi (d’abord peut être) un artiste créateur d’objets et de formes. De nombreux travaux d’illustrations animent les murs de la cinémathèque. L’ensemble est tellement foisonnant de dessins et d’écriture que l’on peut facilement s’y attarder de très longs moments.

- © Stéphane Dabrowski / La Cinémathèque française
Chose amusante lorsque l’on arrive dans la première grande pièce : les personnages sont regroupés par thématiques, celle des enfants étant située juste à côté de celle des monstres. [Je refuse de croire qu’il s’agit là d’un hasard !]. Une grande part de la rétrospective s’intéresse aux réalisations cinématographiques de Burton depuis ses participations en tant qu’illustrateur chez Disney jusqu’à ses plus grands films (dont l’inédit Frankenweenie qui sortira prochainement et inspiré par l’un des premiers courts métrages de l’auteur). Des éléments des différents films sont exposés : têtes coupées des deux journalistes de Mars Attacks ! [pas les vraies, des fausses], les ciseaux d’Edward aux mains d’argent et même les masques de Batman [mais point de costume de Catwoman sniff !]

- © Stéphane Dabrowski / La Cinémathèque française
L’exposition s’achève avec toute une série de graphismes réalisés sur des serviettes en papier : amusants, inquiétants et loufoques à l’image de Tim Burton. Il y a évidemment beaucoup d’autres choses que je ne détaillerai pas. Ce qu’il faut retenir c’est que l’on passe un moment merveilleux au sens propre, que les enfants, que l’on craignait soit d’effrayer par les réalisations souvent morbides ou d’ennuyer parce qu’ils ne connaissent pas forcément tous les films, sortent de là enthousiastes et en redemandent. [YES !!!!] Pour finir on saisit mieux l’univers de Burton, touchant un peu du doigt les pérégrinations fantasques et artistiques d’un réel génie du cinéma américain.
Je conseille vivement l’achat du numéro 171 de DADA (revue d’art pour enfants...mais pas que) qui est nettement plus passionnant et esthétiquement magnifique que le catalogue officiel. 
Pour les groupies du maître voici la Master Class du 5 mars dernier en vision intégrale :
Pour ceux qui veulent avoir un coup d’avance la bande annonce de Frankenweenie qui sortira le 31 octobre prochain :