JPEG - 150.3 ko

C’est l’été (chouette !) mais il fait moche (bouhhh !!) du coup l’option salles noires n’a jamais été autant d’actualité. Quand on est peu sensible à la grosse artillerie U.S. allant des Schtroumpfs (pour les plus jeunes), jusqu’à Super 8 en passant par Harry Potter, si l’on fuit toute forme de films sur les relations de couple ou les comédies romantico-déprimantes, il existe malgré tout de quoi se faire plaisir dans cette programmation estivale. Mercredi dernier est sorti le film Killing Bono étonnamment descendu par de nombreuses critiques et pourtant fort réjouissant. Objectivement, même si la réalisation ou le scénario sont parfois maladroits, on peut passer d’excellents moments à suivre les mésaventures des frères McCormick.

L’histoire se base sur des faits réels directement liés à la genèse du groupe U2. Alors qu’on se rassure, point besoin d’être fan de U2 pour se précipiter voir le film. D’ailleurs je suis loin d’être la groupie de base : j’ai cessé d’écouter U2 après Rattle and Hum [Il y a un film très sympa associé à cet album d’ailleurs.] et surtout je DETESTE Bono [Paradoxalement le film me l’a rendu plus sympathique (ce doit être l’effet romancé de la chose.)]. Cela ne m’a pas empêchée de trouvé Killing Bono fort instructif et de l’apprécier. De quoi ça parle ? Il s’agit de l’histoire vraie des deux frangins McCormick qui n’ont jamais cessé, par les mauvais choix de l’aîné, de poursuivre une gloire musicale qui semble leur avoir toujours échappé au profit des 4 membres de U2. Synopsis officiel : "Dublin, 1976. Neil McCormick n’en doute pas : une vie de rock star l’attend. Avec son frère Ivan, ils vont créer Shook Up, le plus grand groupe de rock du monde ! Au même moment, Paul, leur camarade de classe, crée son propre groupe, U2, et se fait appeler Bono. Mais Neil est persuadé que Paul n’a pas l’étoffe d’une star et que dans son ascension vers la gloire, Shook Up laissera U2 loin derrière lui…"

Pas de méprise : même si le propos est plutôt tragique le film se révèle une vraie comédie où l’on s’amuse énormément surtout pour ceux qui ont eu la (mal ?)chance de connaître dans leur jeunesse les années 80’s. Un reproche par contre : une certaine longueur. Il aurait été plus judicieux de ramener la durée à 1h30 (et non les 1h52) en réduisant notamment l’intrigue sans intérêt autour de gangsters liés aux frères McCormick. N’empêche que nous nous laissons vite séduire par les interprétations de Ben Barnes et Robert Sheehan respectivement Neil et Ivan McCormick touchants de maladresse pour le premier et de naïveté pour le second. Le film démontre comment Neil a sans doute joué sur le destin de son cadet (et pas de la meilleure manière). Au delà du côté anecdotique de l’Histoire Musicale irlandaise, du pourquoi du comment de la réussite de U2 quand leurs potes de lycée McCormick ramaient pour décrocher un contrat et enchaînaient les mauvais plans concerts, se pose la question universelle du choix. Ces choix qu’il nous faut faire, tous domaines confondus, au cours de nos vies et de la grande fierté (parfois mauvaise conseillère) qui les incite. Qui ne s’est jamais posé la question du "et si..." —> "que serait ma vie aujourd’hui ?". Pour tout être normal ces questionnements ne vont tourner que sur 1 ou 2 évènements de notre existence. La particularité de la vie de Neil McCormick (le film est tiré de ses mémoires) est la prédisposition naturelle de ce pauvre gus pour les mauvais choix qui vont se succéder par dizaines.

Finalement, on constate aujourd’hui que ce garçon a su rebondir : d’artiste "raté" il est devenu l’un des critiques rock les plus reconnus au sein du Daily Telegraph. Pour aller plus loin, il est intéressant de voir cet entretien filmé des frères McCormick et de lire ces quelques réactions (traduites) de Neil McCormick à la sortie du film Killing Bono.

Un film sympathique qui amusera les fans de U2 et les autres.

La bande annonce :


Extrait 1 :


Extrait 2 :

Accueil > A voir > Films, DVD > Killing Bono... ou la question des (mauvais) choix

3 Messages

Répondre à cet article