Mais pourquoi donc certains d’entre nous, et moi la première, restons tant attachés aux réalisations hasardeuses et déroutantes que Cedric Bixler et Omar Lopez nous balancent au gré des différents albums de The Mars Volta ? Un peu comme une amoureuse transie qui s’accroche coûte que coûte à un pauvre nase infréquentable, on s’évertue au fil des déceptions qui s’accumulent à trouver encore un intérêt à défendre les réalisations d’un groupe que beaucoup ont abandonné depuis de nombreuses années (De Loused In The Comatorium pour les plus exigeants, Amputecthure pour les plus bienveillants).
Faut-il être zinzin, désespéré ou n’avoir aucun bon sens ? Cela tient au fait, à mon avis, qu’avant de devenir complètement nases ces personnes ont été formidables et que nous nous raccrochons à l’idée que ce qui a été génial une fois le redeviendra forcément. En ce qui concerne l’inoubliable formation d’El Paso, At The Drive-In, la nostalgie glorieuse a fait un retour fracassant à l’annonce du come-back inattendu du groupe, après une dizaine d’années de séparation, pour quelques concerts exceptionnels (2 Coachella aux USA, 1 Benicassim en Espagne, 1 Fuji Rok au Japon... d’autres peut-être ?). Voilà que celles et ceux qui au début des années 2000 ne connaissaient même pas l’existence de Relationship of Command se mettent à fantasmer sur la possibilité de pouvoir enfin assister à un concert de folie furieuse des chevelus et nerveux texans. [Mon excuse à moi c’est qu’en ce temps-là on m’avait téléportée dans un monde parallèle où les principales écoutes musicales étaient l’hymne des Teletubbies et les tubes d’Henri Dès.]

Quand on se plonge sur les archives live qui réapparaissent un peu partout sur le net, il est indéniable que les concerts d’At The Drive-In resteront à jamais des moments mémorables pour tous les chanceux qui y étaient.
En décembre 2000 Joseph Ghosn témoignait de la prestation du groupe aux Transmusicales de Rennes sur les Inrocks :

"Les texans d’At The Drive-In sont impressionnants : sur scène, ils sautent, hurlent, gesticulent dans tous les sens, se cognent et chahutent leurs morceaux qui sont de véritables hymnes punk-rock, dans la droite lignée du MC5 et de Nirvana.
Les guitares explosent toutes distordues, le micro sursaute dans tous les sens : bientôt, il ne fonctionnera plus. Pas grave : ça n’empêche pas ces nouveaux Stooges de mener leur jeu comme de vrais petits maîtres, mettant à genoux une salle venue là pour voir De La Soul et toute surprise par les effusions rock’n’roll de ce groupe-là. Certains, paraît-il, en ont pleuré. De joie."

Voilà pourquoi ce concert de l’ Electric Ballroom de Londres même visible dans une qualité moyenne est un émerveillement de chaque instant. Ces types-là avaient la hargne que beaucoup n’ont plus. Ils jouaient chacun de leurs concerts avec une énergie phénoménale. Cedric Bixler c’est à la fois le seul homme que je connaisse qui reste super sexy en secouant ses maracas, l’Indiana Jones du micro, celui qui fait l’amour aux enceintes en se frottant lascivement au bord de la scène, le champion olympique du jeté de pied de micro, l’homme pile-électrique qui ne fatigue jamais. Bref : un véritable fantasme à la brune chevelure.

Alors d’abord pour mon plaisir égoïste et celui d’autres je l’espère, voilà le concert intégral d’At The Drive-In à l’Electric Ballroom de Londres (07/12/2000)


Tracklist :
- 1.Arcarsenal 2’20
- 2.Pattern Against User 5’40
- 3.Cosmonaut 11’20
- 4.Lopsided 15’40
- 5.Rolodex Propaganda 21’30
- 6.Rascuache 24’40
- 7.Invalid Litter Dept. 29’00
- 8.One Armed Scissor 35’30
- 9.Enfilade 41’50
- 10.Quarantined 47’00
- 11.Catacombs 56’50
- 12.Napoleon Solo 1h02’00


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